L’hypersexualité

L’hypersexualité pourrait se définir comme une activité sexuelle soutenue source de plaisir et d’épanouissement, nécessaire à l’équilibre psychique de la personne. C’est un comportement sain dans le sens où il est adapté à la personnalité de l’individu, à ses envies, à ses besoins. Dans la majorité des cas,  il s’agit d’un choix de vie personnel, aucunement source de souffrance. Si certains peuvent ressentir un mal-être vis à vis de leurs conduites sexuelles, c’est souvent parce qu’elles entrent en conflit avec des valeurs morales ou religieuses. Cette détresse ne doit pas être confondue avec celle de l’addict sexuel qui dépasse largement les interrogations relatives à l’éthique personnelle.

Les fondements de l’hypersexualité 

Les mécanismes psychologiques qui sous-tendent ce type de conduites sont très variables d’un individu à l’autre. Une activité sexuelle riche peut être une manière de combler l’ennui, de relâcher la pression, de fuir un quotidien monotone. Elle peut aussi constituer un moyen de  réassurance sur ses performances, sur sa capacité de séduction. Nombreux sont ceux qui, à travers des aventures passagères fuient des problèmes de couple (liés notamment à une perte de désir) , ou qui, à l’inverse, tentent de protéger un lien amoureux d’un appétit sexuel ne pouvant être comblé par un seul partenaire. Ces aventures sans lendemain peuvent être tendres et affectueuses ou bien déshumanisées, dans ce cas l’autre n’est qu’un objet de satisfaction de son propre plaisir. Cette dimension objectale de la relation n’est pas problématique chez l’hypersexuel qui reste par ailleurs capable d’investir profondément et durablement une relation ; ce qui n’est pas le cas pour l’addict dont les carences au niveau de l’attachement viennent immanquablement perturber le lien à l’autre.

Pour certains, le recours à la pornographie ou à des partenaires auxquels ils sont sûrs de ne pas s’attacher peut faire office de barrière contre toute tentation d’un nouveau lien externe. La pornographie peut aussi constituer un moyen de se livrer en fantasme à des pratiques que l’on n’assumerait pas dans la réalité, tout comme le choix de clubs spécialisés peut permettre de réaliser des fantasmes inassouvissables avec son conjoint.

Il est possible de voir dans la quête de gratifications sexuelles l’expression d’une insatisfaction permanente où le besoin d’avoir toujours plus implique de laisser libre cours à ses pulsions ; ne rien s’interdire. Précisons qu’il y a une différence entre laisser libre cours à ses pulsions et être, comme l’addict, dans l’incapacité à les réfréner. Cette caractéristique de la personnalité est souvent retrouvée chez les personnes de pouvoir. Le pouvoir est un fabuleux aphrodisiaque, beaucoup s’en servent pour se placer au-dessus des lois, qu’elles soient morales ou juridiques, et la sexualité n’échappe pas à cette inclinaison.

Le risque de glissement

Un comportement hypersexuel peut être un choix de mode de vie durable ou bien  correspondre à une période particulière de l’existence. Parfois il arrive qu’il soit l’amorce de difficultés à venir et glisse ainsi vers une addiction. D’une démarche volontaire pour le plaisir, au fil des années, on passe à une conduite compulsive, échappant à la volonté, davantage dans le registre du soulagement. Les mécanismes de défenses autrefois adaptées ne suffisent plus pour assurer l’équilibre psychique de la personne et elle va trouver dans le sexe une échappatoire aux conflits majeurs émergents.

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