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Les clés du bonheur

 La psychologie positive est un champs de la psychologie assez récent qui étudie les mécanismes du bonheur. Voici un petit résumé de recherches qui ont été réalisées sur le bonheur.


♦ 50% de notre niveau de bonheur est déterminé par les gènes, c’est à dire que l’on naît avec une certaine aptitude au bonheur. C’est que que l’on appelle l’indice de base génétique.

♦ 10% de notre niveau de bonheur est conditionné par l’environnement et l’enveloppe externe de la personne : l’endroit où on vit, sa situation financière, son apparence physique, sa popularité, son âge, les biens qu’on possède etc. Bref, tout ce que la société nous présente comme étant important.

♦ 40% de notre niveau de bonheur est dû aux choses que l’on choisi de faire pour être heureux, c’est à dire ce qui provient de l’intérieur de la personne : être en accord avec soi même, être authentique dans ses relations, expérimenter les sentiments d’altruisme, d’empathie, de bienveillance, avoir un sens accru de la communauté, aider et contribuer à un monde meilleur etc.


Par exemple, on sait que les besoins fondamentaux remplis, avoir plus d’argent n’achète pas plus de bonheur. Si la différence entre un gain de 500 euros et 5 000 euros a un impact sur le bonheur perçu, celle entre un gain de 50 000 euros et 500 000 euros ne change rien. A l’inverse, donner quelque chose de soi à celui qui en a besoin, se soucier du bien être de la communauté, croire donc en quelque chose de plus grand que soi même, est source d’épanouissement.


D’autres études ont montré qu’une des clé du bonheur réside dans la recherche de nouveauté. La routine est source d’ennui, il faut varier sa façon de faire les choses au quotidien. Par exemple si l’on va faire un jogging, rien que le fait de changer d’itinéraire peut contribuer à améliorer son niveau de bonheur.


Nous avons tendance à surestimer l’impact des événements heureux et malheureux sur notre vie en pensant qu’ils vont avoir une influence considérable sur celle ci. En réalité, les moments de joie s’estompent assez rapidement, et c’est aussi le cas pour les moments de détresse. Pour accéder au bonheur cela ne sert donc à rien de chercher une succession de réussites, de mettre bout à bout plein de petits moments heureux, ce qui importe c’est le sens global que l’on donne à nos actions. Réussir financièrement, avoir de bonnes relations et un bon job ne rend pas heureux. C’est être heureux qui va pouvoir engendrer ces bénéfices car on va orienter ses actions vers les choses qui nous tiennent à cœur, qui sont en accord avec nous même et nos valeurs.


Un bon moyen d’accéder aux sentiments compassionnels, qui sont source de plénitude, est de pratiquer la méditation. Des études ont montré que lorsqu’une personne est en méditation, les zones du cerveau intervenant dans la production de dopamine et de sérotonine (appelées communément les hormones du bonheur) sont fortement activées. La méditation permet aussi de travailler une certaine spiritualité, de se connecter à l’univers, et ainsi remettre en question ses accomplissements personnels en faveur d’une vision plus globale des choses, plus intégrée, plus collective. Nous vivons malheureusement dans une société qui encourage la compétition plutôt que la collaboration, c’est donc en nous qu’il va falloir trouver cette impulsion même si cela implique d’aller à contre courant de la société dans laquelle on vit.

Il existe pourtant un certain nombre de sociétés qui pratiquent au quotidien cette philosophie du bien être collectif.

Le Bhoutan par exemple a remplacé le concept de Produit National Brut par celui de Bonheur National Brut. L’île d’Okinawa au Japon, appelée aussi l’île des centenaires, n’est pas épargnée par la pauvreté et pourtant toutes les personnes qui y vivent se disent heureuses et ce jusqu’à un âge avancé. Ce qui explique ce bonheur est que l’esprit d’entre-aide y est très prégnant ; les échanges entre voisins y sont extraordinairement ouverts et profonds.


Une autre source de bonheur reste l’activité physique, surtout quand on y met de la nouveauté. Bouger permet de créer de la dopamine, il ne s’agit pas de faire du sport à haute dose si on aime pas cela, mais de jouer, s’amuser en mouvement. Il faut savoir qu’à partir de l’adolescence nous perdons de la dopamine, il va donc falloir trouver des activité qui créent cette hormone.


Enfin, il y a les activités qui nous font habiter le moment, c’est à dire les activités où plus rien d’autre ne compte, où on s’oublie. C’est le cas par exemple des personnes qui jouent d’un instrument de musique de façon automatique ou alors du cuisinier qui va effectuer le même rituel de cuisson, c’est ne penser à rien qu’au moment présent.


Ce qui nous amène à conclure que le bonheur est une compétence à développer, la recette du bonheur n’est pas la même pour tout le monde mais les choses que nous aimons sont souvent similaires et constituent la fondation d’une vie heureuse : jouer, faire de nouvelles expériences, investir ses amis et sa famille, faire choses qui ont un sens, apprécier ce que l’on a…elle rendent heureux et sont gratuites.

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La relation d’emprise dans le couple

La relation d’emprise est une composante essentielle des violences conjugales. Elle se définit comme un processus de colonisation psychique qui a pour conséquence d’annihiler la volonté de l’autre. Il s’agit toujours d’une affaire de recherche de pouvoir sur l’autre, de satisfaction de ses propres désirs au détriment de l’autre.

Les violences conjugales sont très souvent exercées sous couvert de l’amour, de la jalousie, d’un besoin sexuel, d’une nécessaire éducation, de la fatigue, de l’énervement, de l’alcool etc. Elles sont une véritable entreprise de démolition identitaire utilisée pour conditionner la victime à se soumettre, à se ressentir comme n’ayant aucune valeur, coupable, honteuse, réduite à une chose.

L’emprise explique la raison pour laquelle on observe des violences répétées dans le couple sans que la victime ne s’y oppose. En fait, toute réaction de fuite est impossible pour plusieurs raisons :

♦ l’agresseur profère des menaces sur sa victime (mais aussi concernant les proches de cette dernière) dont celle d’être encore plus violentée ou d’être tuée si elle décide de partir, de dénoncer etc.
♦ les manipulations psychologiques font en sorte de culpabiliser la victime.
♦ la mise en place d’une dépendance financière, économique et administrative prive les victimes d’argent, de travail, de papiers et par conséquent de la garde des enfants lorsqu’il y en a.
♦ le développement de troubles psychotraumatiques fragilise les victimes de sorte qu’elles sont incapables d’agir.

Les troubles psychotraumatiques

Lors de scènes de violence intense la victime va être en état de stress dépassé. Cet état va engendrer un risque vital cardio-vasculaire et neurologique. Pour contrer ce risque le cerveau va développer un mécanisme de sauvegarde neuro-biologique exceptionnel qui va faire disjoncter le circuit émotionnel et le circuit de la mémoire. Cette disjonction va être responsable de l’apparition de deux symptômes traumatiques qui sont au cœur des troubles psychotraumatiques et des processus d’emprise :

– une dissociation traumatique, se traduisant par une anesthésie émotionnelle et physique, un sentiment d’étrangeté concernant le monde qui nous entoure (perte de repères spaciaux-temporaux) et la perte du sentiment de sa propre réalité physique et mentale.

– une mémoire traumatique, se traduisant par un vécu des violences subies à l’identique, surgissant de façon incontrôlée et qui envahit tout l’espace psychique. La personne ressent la même terreur, les mêmes douleurs, les mêmes ressentis sensoriels sous forme de flashbacks (images, bruits, odeurs, sensations, etc). Cette mémoire se déclenche au contact de la moindre chose rappelant les violences et leur contexte.

La dissociation c’est en quelque sorte un état de sidération, une paralysie psychique. La personne est déconnectée de ses émotions, elle se sent spectatrice des événements avec un sentiment d’irréalité : « j’étais comme dans un film ». L’anesthésie émotionnelle et physique que produit la dissociation l’empêche d’organiser sa défense et de prendre la mesure de ce qu’elle subit puisqu’elle paraît tout supporter. Parfois même, tellement les faits semblent irréels, la personne pense qu’ils n’ont jamais existé (amnésie dissociative). Cette absence de réaction légitimise l’acte de violence : « si elle ne s’est pas débattue c’est qu’elle le voulait bien » et est un formidable outil de soumission. Cet état va par la suite se chroniciser, la victime se sentira comme un pantin (elle se sent perdue, ne se reconnaît plus), elle sera incapable de se projeter dans une autre vie, un autre espace. C’est le terreau de l’emprise car l’agresseur va en profiter pour coloniser son psychisme et la réduire en esclavage. En outre, l’apparence de détachement de la personne va empêcher à l’entourage de s’inquiéter.

La mémoire traumatique entre en jeu lorsque la victime tente de s’éloigner de son agresseur et n’est plus en état de dissociation. Elle explose et envahit l’espace psychique en lui faisant revivre à l’identique ce qui a été enregistré lors des événements violents passés. Elle est présente en permanence car elle s’active au contact de tout ce qui lui rappelle sa vie passée. Pire encore, puisque c’est là dans sa tête, la victime s’approprie le discours de son agresseur qu’elle pense être le sien : « tout est de ta faute, tu l’as bien mérité, tu ne vaux rien, tu n’es rien sans moi, etc. ». Colonisée par ce discours, elle se sent coupable et honteuse, ce qui rend toute prise de conscience de ses droits et toute révolte impossibles.

En conséquence, au lieu de se sentir enfin en sécurité et plus sereine, elle ressentira une détresse intolérable. La mémoire traumatique transforme en enfer les seuls moments où la victime pourrait récupérer et organiser sa défense et sa fuite. Il y a alors un grand risque qu’elle retourne avec son agresseur qui, en ayant le pouvoir de la dissocier aussitôt, va l’anesthésier. Elle va croire qu’elle ne peut pas se passer de lui mais en fait c’est un mécanisme très biologique. De la même façon, ce système explique le fait qu’une personne maltraitée aura tendance à se tourner vers des partenaires violents, ils lui permettent en effet de vivre dans un état continuellement dissocié.

Ainsi, la confusion provoquée par les troubles psychotraumatiques va empêcher la victime de comprendre ses réactions et ses émotions. Privée de ses capacités d’analyse, se croyant folle, elle va fournir à l’agresseur un terrain fertile pour consolider son emprise, la manipuler, lui dicter des émotions, lui imposer des pensées et un rôle dans sa mise en scène. En outre, l’agresseur bénéficie du fait que les personnes ont tendance à se revictimiser. Par exemple on sait qu’avoir subi des violences dans l’enfance est un facteur de risque majeur d’en subir à nouveau tout au long de sa vie. La victime est ainsi souvent conditionnée à la soumission, à la tolérance et à l’hyper-adaptation à des situations extrêmes. Elle n’a jamais été ni protégée, ni reconnue comme victime, ni soignée, elle a dû grandir en survivant seule aux violences et à leurs conséquences psychotraumatiques. Elle a dû construire sa personnalité avec une mémoire traumatique et des troubles dissociatifs de survie, qui l’auront empêché de se connaître et de se penser comme normale. L’agresseur va donc tirer parti des traumas accumulés non traités de sa victime, et des conséquences souvent désastreuses des stratégies de survie qu’elle a été dans l’obligation de développer et qui sont des facteurs de vulnérabilité.

En plus de la complicité avec les systèmes agresseurs du passé de sa victime, l’agresseur bénéficie de toute une complicité ambiante : celle d’une société inégalitaire encore dans le déni face aux violences faites aux femmes et qui véhicule de nombreux stéréotypes sur les femmes, sur le couple et l’amour. On ne compte pas les exemples où entend, au sein de la sphère privée comme au tribunal, des remarques sexistes telles que « elle l’a cherché aussi ». De même, le mécanisme de la dissociation est très peu connus des officiers de justice. Lors de son procès, on reproche ainsi souvent à la victime de ne pas avoir réagi, on l’accuse de mensonge, d’avoir été consentante ou encore de s’être complu dans cette situation.

Psychothérapie

Sans une prise en charge adaptée, ces troubles psychotraumatiques peuvent durer des années, des dizaines d’années, voire toute une vie. L’objectif premier de la thérapie est d’informer la personne sur les mécanismes de l’emprise, l’aider à identifier les stratégies de son conjoint qui ont pour conséquence la dissociation. Apprendre que sa souffrance, ses troubles du comportements sont des conséquences des violences subies ; que ce sont des réactions normales face à une situation anormale ; que l’on est pas fou, débile, incapable, est déjà très libérateur en soit. Soudain on a les clés permettant de comprendre ce que l’on ressent, d’expliquer des comportements qui sont en fait des stratégies de survie. On peut éviter d’être piégé par certaines réminiscences de sa mémoire traumatique qui imposent une pseudo-réalité, on peut faire le tri entre ce que l’on est et ce qui nous colonise. Cette compréhension permet de renouer avec son estime de soi, son sentiment de dignité, d’unité, de cohérence et de sécurité intérieure, d’être moins vulnérables et de ne plus se sentir coupables.

La thérapie permet également de démonter le système agresseur en révélant l’intentionnalité à l’œuvre, les incohérences, en identifiant les stratégies de l’agresseur. On va ainsi donner à la victime les outils pour déjouer le pouvoir sidérant et dissociant de son agresseur, pour mieux se défendre, dénoncer les violences, ne plus être manipulée, ne plus être sous emprise

Enfin, il faudra aider la victime à intégrer la mémoire traumatique en mémoire autobiographique car c’est le seul moyen de s’en libérer. Cette étape permettra de ne plus vivre hanté par ses souvenirs comme s’ils appartenaient encore au présent et ainsi tourner une page sur les événements du passé en les rangeant du côté des mauvais souvenirs.

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Le génogramme

Certaines difficultés sont dues à un dysfonctionnement actuel au sein de la famille mais elles peuvent aussi prendre racine dans l’histoire familiale.

En effet, il existe des choses qui se transmettent d’une génération à l’autre de façon inconsciente, comme des valeurs, des habitudes, des rôles, des secrets, des rancunes, les loyautés, des sensibilités etc. En particulier, tout ce qui fait l’objet d’un tabou au sein de la famille risque de finir par apparaître aux générations suivantes sous forme de mal être, d’angoisse diffuse mais aussi de relations conflictuelles avec l’entourage. Parmi les situations retrouvées fréquemment dans l’histoire de la famille et sources de problèmes aux générations suivantes on retrouve les deuils non résolus (enfant de remplacement par exemple) mais aussi les secrets de famille ou non-dits (agression sexuelle, enfant caché, maladie mentale, suicide, etc.).

Ainsi, l’histoire de la famille nous influence, elle transporte avec elle des valeurs, des émotions et des comportements transmis depuis des générations. Tenter de la décrypter offre un support de réflexion sur notre personnalité, notre trajectoire de vie. Le principe de base des thérapies familiales est de considérer que le tout est plus que la somme des parties, c’est à dire que l’on peut comprendre le fonctionnement de chaque personne que si l’on prend en compte l’ensemble du système. La notion d’individu isolé perd son sens au détriment d’une logique de compréhension des sujets en relation entre eux. Il faut mettre en lien le présent avec les événements qui ont marqués l’histoire familiale, les mythes, les règles, toute la charge émotionnelle transmise entre les générations. Il est important de prendre conscience que nous sommes les héritiers d’une histoire mais nous ne sommes pas obligés de la porter.

Afin d’analyser la structure de la famille, il est utile d’utiliser un génogramme.

Le génogramme est une carte historique et relationnelle de la famille. Il se présente comme un arbre généalogique sur lequel on aurait ajouté les liens et les ruptures de liens entre les personnes ainsi que les répétitions transgénérationnelles de comportements de dépendance ou de vulnérabilité.

L’idée n’est pas de monter un arbre parfait. Ce n’est pas de la généalogie au sens propre. On peut avoir un arbre incomplet, ne pas connaître son grand-père biologique par exemple n’est pas une fin en soi. L’important est de libérer la parole à partir de ces événements ou de ces zones d’ombre. En cela, le génogramme se veut être un support permettant de se réapproprier son héritage familial (à partir duquel on développe des comportements dictés par une sorte de loyauté inconsciente) pour mieux s’en dégager. Il constitue une riche source d’hypothèses sur la manière dont un problème clinique peut être relié au contexte familial. Il offre des clés importantes pour identifier et comprendre la nature des impasses et ainsi aider les personnes à réorganiser leur comportement et leurs relations, à reprendre la maîtrise de leur vie.

Exemple de génogramme tiré de la revue Cairn

 

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