Les relations fusionnelles

Qu’est ce qu’une relation fusionnelle?

Une relation fusionnelle implique que l’on inclut l’autre en soi, on a un besoin impérieux que l’autre soit là, il est omniprésent dans nos pensées et dans nos actes. On se sent exister qu’à travers l’autre, si l’autre est absent physiquement alors il n’y a plus de lien. On vit dans un monde clos et restreint pour être en contact permanent avec l’autre. On voit ce qui vient de l’extérieur comme menaçant cette relation exclusive à l’autre. 

Les deux protagonistes de la relation finissent par voir, penser, ressentir, entendre la même chose ; si bien que ce qui fait souffrir l’un, fait souffrir l’autre avec la même intensité. Il n’y a pas de distance. Souvent, comme cette souffrance est due à l’autre, elle finit par se retourner contre soi : je vois que tu souffres donc moi aussi je souffre, tu souffres à cause de moi donc je souffre aussi à cause de moi. Ceci explique pourquoi les personnes fusionnelles sont mues par une rage intérieure, une colère terrible dirigée contre eux-même pouvant conduire à des passages à l’acte auto-agressifs. 

Cette construction identitaire commune ne se fait toujours pas naturellement : un des deux peut forcer l’autre à penser comme soi, le pousser à se comporter de la même façon, à partager les mêmes activités, à avoir des centres d’intérêt identiques, bref, à partager la même vie. Dans ce cas, la relation fusionnelle est doublée d’une relation d’emprise.

Les couples fusionnels se construisent dans une co-dépendance. Ces personnes ne peuvent être avec quelqu’un de libre car le « désaccordage » avec autrui fait trop souffrir. Pour ne pas souffrir de ce que l’on ne peut avoir, le meilleur moyen reste d’en nier l’existence. C’est pour cette raison qu’une personne fusionnelle considère que ce qui est placé en elle existe par elle et pour elle, ce qui est placé en dehors n’existe pas. Comme ces personnes ont l’impression d’être tout, donc de savoir tout et de pouvoir tout dans la relation à l’autre, si quelqu’un remet en cause cette croyance fondamentale, elles vont chercher à l’exclure de leur univers.

Quelle est l’origine d’une personnalité fusionnelle?

On entre ici dans l’interprétation des causes, ce qui est un terrain glissant car il n’y a pas de cause claire et précise à une problématique psychologique. Chaque personne étant singulière, il y a donc autant d’individus qu’il existe d’explications à un comportement.

Néanmoins, on peut avancer sans trop de risque que les rapports de dépendance se nouent entre des personnes qui n’ont généralement pas pu faire l’expérience d’une relation suffisamment bonne et fiable avec un parent bienveillant lorsqu’elles étaient enfants. La dépendance affective vient tenter en vain de combler artificiellement la carence fondatrice. L’enfant qui n’arrive pas à combler le vide affectif, peut devenir « dévorant », avide de tout ce qui pourrait le remplir (nourriture, jeux…). Une fois adulte, la relation à l’autre suivra ce même chemin et se fera sur le mode de la convoitise car la voracité n’aura pas été transformée en désir de connaître l’autre à travers les échanges de paroles. L’autre est englouti comme on englouti de la nourriture pour se sentir rassasié, il sert à satisfaire un besoin, un manque, un vide.

Ainsi, ce choix de relation vient généralement en réponse à des angoisses intenses face à la mort, la solitude, l’abandon, la séparation, ou encore la peur de disparaître ayant pris racine dans l’enfance. On met en place ce système pour se sentir en sécurité.

Mais encore une fois, cette explication ne peut suffire à elle seule pour expliquer une problématique aussi complexe que la dépendance affective. Il faut prendre en compte les particularités de chaque parcours de vie, la personnalité que l’individu s’est construite, son tempérament (la part innée de la personnalité), afin de comprendre d’où vient un tel besoin affectif.

Peut-on s’épanouir dans ce type de relation?

Généralement, cette fusion est rassurante au début, puis elle devient progressivement source de malaise où émergent conflits et rancœurs car l’être humain ne peut pas vivre une relation épanouie sans moments d’indépendance et de solitude. Ce replis pour se retrouver avec soi-même est indispensable car lorsqu’on se fond en l’autre, il devient difficile de se sentir exister. D’un côté on ne peut plus se passer de l’autre par crainte de ne plus savoir où on va, ce que l’on aime, qui on est, mais en réalité c’est la relation fusionnelle qui engendre ce sentiment de perte identitaire. C’est un cercle vicieux, on se colle à l’autre pour se sentir en sécurité, mais comme ce mode relationnel n’est pas viable sur le long terme, arrive un moment où il menace de s’écrouler, ce qui ne fait que renforcer le sentiment d’insécurité.

En outre, le plus souvent, les liens fusionnels se mettent en place entre personnes souffrant des mêmes angoisses insupportables, dues aux mêmes carences fondatrices, ce qui augmente le risque d’issue malheureuse à la rencontre et redouble la croyance d’une fatalité à être abandonné.

Lorsque la relation fusionnelle prend la forme d’un lien protecteur d’une personne envers une autre, même si cela a l’apparence bienveillante d’une volonté de protection, l’autre partenaire est progressivement envahi par un malaise diffus. Il se sent étouffé. Le fait de vouloir protéger l’autre a malheureusement souvent pour conséquence, même inconsciemment, de se situer en position de supériorité : protéger devient alors aussi savoir ou pouvoir mieux que l’autre, puis dire et faire à la place de l’autre. Le rôle de protecteur est nécessaire pour l’un des deux car ce n’est que comme cela qu’il se sent exister, c’est avec ce statut qu’il s’est construit son identité. Il va donc se mettre en couple avec une personne qui a un besoin vital de lui, dont il suppose qu’elle ne partira pas tant qu’il lui prodiguera soins et attention. Mais cette attitude ne fait que renvoyer à l’autre sa grande dépendance, son incapacité à être autonome, à exister seul.

Pourquoi reste-t-on dans cette situation si on s’y sent mal?

Il existe de nombreuses réponses à cette question, ce qui vient immédiatement à l’esprit est la peur de l’inconnu, de la solitude. Pour certains, l’apprentissage de la solitude n’a pas pu avoir lieu, ils se croient complètement incapables de vivre seuls. Ils préfèrent être avec une personne qu’ils n’aiment pas, n’apprécient ou ne supportent pas, plutôt que de se retrouver seuls.

Parfois, les personnes ont l’illusion que le mariage peut apporter une libération par rapport à la famille d’origine. Le conjoint aide à échapper à un passé douloureux, à des parents trop encombrants, à une fratrie envahissante. Si on le quittait alors cela voudrait dire revenir sous l’emprise de sa famille. Mais le conjoint ne peut accomplir cette démarche d’émancipation à la place de la personne, cet affranchissement ne peut se conquérir que par soi-même en prenant de réelles distances, en dehors de toute forme de servitude ou de clan

Plus subtilement, certaines personnes vont tirer des bénéfices d’une relation fusionnelle. Une relation fusionnelle peut en effet avoir pour objectif de se mettre en valeur grâce à ce qu’elle peut représenter de positif et d’enviable aux yeux des autres. On peut se sentir par exemple valorisé par le rôle protecteur que l’on a vis à vis de l’autre. Sans ça, la confiance que l’on a en nous peut s’effondrer, cela devient donc un besoin de s’occuper de l’autre. S’occuper de l’autre suppose choisir quelqu’un qui a besoin que l’on s’occupe de lui, c’est ainsi que se crée une relation d’interdépendance : chacun est à la fois protecteur et protégé, protégé parce que protecteur.

Ces personnes croient ne pouvoir trouver, non seulement une place, mais aussi une légitimité dans la relation que si elles se rendent et sont reconnues utiles. Ce qui est différent de prendre soin de l’autre et lui apporter du soutien sans s’enfermer dans un rôle. Là le soin porté à l’autre est systématique et occupe le centre de la relation. Cette activité d’aide semble la seule raison pour la personne d’exister. Derrière il y a souvent chercher à plaire pour se faire accepter. Si on se sent valorisé par ce statut c’est donc au prix d’un certain assujettissement. Mais à force de renoncer à être visible, à s’exposer et à s’affirmer, on ne peut vraiment exister. On finit par croire qu’on ne serait rien sans l’autre.

Cette situation est accentuée chez les personnes ayant une prédisposition sincère et profonde à la sollicitude, par exemple les personnes ayant eu une éducation religieuse. L’habitude de prendre soin de l’autre peut devenir un mode relationnel particulier, consistant à se mettre en permanence au service de l’autre. La servitude n’est pas loin, avec le risque de s’oublier et de se sacrifier, puis le danger de s’enliser dans une situation relationnelle inextricable, où chacun s’en veut tout en en voulant à l’autre et en continuant à profiter du système. C’est un cercle vicieux, tout en se détestant de plus en plus, les deux protagonistes sont aussi de plus en plus ligaturés l’un à l’autre, se font de plus en plus de critiques acerbes et d’amers reproches, se heurtent de plus en plus souvent et, en même temps, se sentent complètement perdus dès que l’autre n’est plus là, ne pouvant plus se passer de lui.

Enfin, pour de nombreuses personnes, la relation fusionnelle vient faire office de bouclier face à leur propre violence. Souvent, ces personnes disent faire leur maximum pour ne pas se mettre en colère car la rage tapie au fond d’elles même est si forte qu’elles pourraient tout casser. L’autre vient contenir, retenir leur violence. Pourtant, ce barrage relationnel ne les libère pas pour autant, il renforce en fait leur peur fondamentale : la peur de ne pas pouvoir exister sans faire disparaître les autres.

Que faire lorsqu’on est pris dans une relation de ce type?

Plutôt que de forger des liens tellement étroits qu’ils finissent par nous asphyxier, il vaut mieux prendre le temps de se poser quelques questions. Par exemple, la place qu’ont nos blessures dans nos relations, ou encore les peurs qui nous poussent à vouloir garder l’autre tout le temps près de soi. Mettre en lumière ces souffrances, ces peurs fondamentales, permettra de comprendre la façon dont on se situe dans la relation. Une fois ce travail effectué on pourra mieux vivre avec l’autre en transformant une relation fusionnelle en une relation de libre proximité, passer ainsi de la fusion à l’union, en devenant à la fois proches et libres.

En effet, la façon que nos avons d’être en relation avec les autres dépend de nos références, des idées que nous nous sommes forgées sur l’autre, des croyances que nous avons sur la relation et, aussi, de notre conception du bonheur et du malheur, en lien avec notre représentation du monde. Pour lever les souffrances dues à ce type de relation il faut changer de perspective.

Bien souvent les peurs découlent d’une mauvaise évaluation des choses, elles ne sont pas rationnelles. Pour mettre fin à des souffrances il est important de savoir faire la distinction entre nos impressions et la perception. Même si elle part d’une vague sensation, l’impression est une idée sans perception réelle et sans pensée. Si nous nous appuyons sur nos impressions plutôt que sur nos perceptions, nous nous fabriquons une conception déformée de la réalité, et nous pouvons même nous convaincre que ce que nous croyons est vrai. Il faut donc s’efforcer d’observer les autres et les situations afin de désigner la réalité telle qu’elle est, de façon objective, sans jugement, ce qui va permettre une prise de distance qui rend possible le changement.

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La relation d’emprise dans le couple

La relation d’emprise est une composante essentielle des violences conjugales. Elle se définit comme un processus de colonisation psychique qui a pour conséquence d’annihiler la volonté de l’autre. Il s’agit toujours d’une affaire de recherche de pouvoir sur l’autre, de satisfaction de ses propres désirs au détriment de l’autre.

Les violences conjugales sont très souvent exercées sous couvert de l’amour, de la jalousie, d’un besoin sexuel, d’une nécessaire éducation, de la fatigue, de l’énervement, de l’alcool etc. Elles sont une véritable entreprise de démolition identitaire utilisée pour conditionner la victime à se soumettre, à se ressentir comme n’ayant aucune valeur, coupable, honteuse, réduite à une chose.

L’emprise explique la raison pour laquelle on observe des violences répétées dans le couple sans que la victime ne s’y oppose. En fait, toute réaction de fuite est impossible pour plusieurs raisons :

♦ l’agresseur profère des menaces sur sa victime (mais aussi concernant les proches de cette dernière) dont celle d’être encore plus violentée ou d’être tuée si elle décide de partir, de dénoncer etc.
♦ les manipulations psychologiques font en sorte de culpabiliser la victime.
♦ la mise en place d’une dépendance financière, économique et administrative prive les victimes d’argent, de travail, de papiers et par conséquent de la garde des enfants lorsqu’il y en a.
♦ le développement de troubles psychotraumatiques fragilise les victimes de sorte qu’elles sont incapables d’agir.

Les troubles psychotraumatiques

Lors de scènes de violence intense la victime va être en état de stress dépassé. Cet état va engendrer un risque vital cardio-vasculaire et neurologique. Pour contrer ce risque le cerveau va développer un mécanisme de sauvegarde neuro-biologique exceptionnel qui va faire disjoncter le circuit émotionnel et le circuit de la mémoire. Cette disjonction va être responsable de l’apparition de deux symptômes traumatiques qui sont au cœur des troubles psychotraumatiques et des processus d’emprise :

– une dissociation traumatique, se traduisant par une anesthésie émotionnelle et physique, un sentiment d’étrangeté concernant le monde qui nous entoure (perte de repères spaciaux-temporaux) et la perte du sentiment de sa propre réalité physique et mentale.

– une mémoire traumatique, se traduisant par un vécu des violences subies à l’identique, surgissant de façon incontrôlée et qui envahit tout l’espace psychique. La personne ressent la même terreur, les mêmes douleurs, les mêmes ressentis sensoriels sous forme de flashbacks (images, bruits, odeurs, sensations, etc). Cette mémoire se déclenche au contact de la moindre chose rappelant les violences et leur contexte.

La dissociation c’est en quelque sorte un état de sidération, une paralysie psychique. La personne est déconnectée de ses émotions, elle se sent spectatrice des événements avec un sentiment d’irréalité : « j’étais comme dans un film ». L’anesthésie émotionnelle et physique que produit la dissociation l’empêche d’organiser sa défense et de prendre la mesure de ce qu’elle subit puisqu’elle paraît tout supporter. Parfois même, tellement les faits semblent irréels, la personne pense qu’ils n’ont jamais existé (amnésie dissociative). Cette absence de réaction légitimise l’acte de violence : « si elle ne s’est pas débattue c’est qu’elle le voulait bien » et est un formidable outil de soumission. Cet état va par la suite se chroniciser, la victime se sentira comme un pantin (elle se sent perdue, ne se reconnaît plus), elle sera incapable de se projeter dans une autre vie, un autre espace. C’est le terreau de l’emprise car l’agresseur va en profiter pour coloniser son psychisme et la réduire en esclavage. En outre, l’apparence de détachement de la personne va empêcher à l’entourage de s’inquiéter.

La mémoire traumatique entre en jeu lorsque la victime tente de s’éloigner de son agresseur et n’est plus en état de dissociation. Elle explose et envahit l’espace psychique en lui faisant revivre à l’identique ce qui a été enregistré lors des événements violents passés. Elle est présente en permanence car elle s’active au contact de tout ce qui lui rappelle sa vie passée. Pire encore, puisque c’est là dans sa tête, la victime s’approprie le discours de son agresseur qu’elle pense être le sien : « tout est de ta faute, tu l’as bien mérité, tu ne vaux rien, tu n’es rien sans moi, etc. ». Colonisée par ce discours, elle se sent coupable et honteuse, ce qui rend toute prise de conscience de ses droits et toute révolte impossibles.

En conséquence, au lieu de se sentir enfin en sécurité et plus sereine, elle ressentira une détresse intolérable. La mémoire traumatique transforme en enfer les seuls moments où la victime pourrait récupérer et organiser sa défense et sa fuite. Il y a alors un grand risque qu’elle retourne avec son agresseur qui, en ayant le pouvoir de la dissocier aussitôt, va l’anesthésier. Elle va croire qu’elle ne peut pas se passer de lui mais en fait c’est un mécanisme très biologique. De la même façon, ce système explique le fait qu’une personne maltraitée aura tendance à se tourner vers des partenaires violents, ils lui permettent en effet de vivre dans un état continuellement dissocié.

Ainsi, la confusion provoquée par les troubles psychotraumatiques va empêcher la victime de comprendre ses réactions et ses émotions. Privée de ses capacités d’analyse, se croyant folle, elle va fournir à l’agresseur un terrain fertile pour consolider son emprise, la manipuler, lui dicter des émotions, lui imposer des pensées et un rôle dans sa mise en scène. En outre, l’agresseur bénéficie du fait que les personnes ont tendance à se revictimiser. Par exemple on sait qu’avoir subi des violences dans l’enfance est un facteur de risque majeur d’en subir à nouveau tout au long de sa vie. La victime est ainsi souvent conditionnée à la soumission, à la tolérance et à l’hyper-adaptation à des situations extrêmes. Elle n’a jamais été ni protégée, ni reconnue comme victime, ni soignée, elle a dû grandir en survivant seule aux violences et à leurs conséquences psychotraumatiques. Elle a dû construire sa personnalité avec une mémoire traumatique et des troubles dissociatifs de survie, qui l’auront empêché de se connaître et de se penser comme normale. L’agresseur va donc tirer parti des traumas accumulés non traités de sa victime, et des conséquences souvent désastreuses des stratégies de survie qu’elle a été dans l’obligation de développer et qui sont des facteurs de vulnérabilité.

En plus de la complicité avec les systèmes agresseurs du passé de sa victime, l’agresseur bénéficie de toute une complicité ambiante : celle d’une société inégalitaire encore dans le déni face aux violences faites aux femmes et qui véhicule de nombreux stéréotypes sur les femmes, sur le couple et l’amour. On ne compte pas les exemples où entend, au sein de la sphère privée comme au tribunal, des remarques sexistes telles que « elle l’a cherché aussi ». De même, le mécanisme de la dissociation est très peu connus des officiers de justice. Lors de son procès, on reproche ainsi souvent à la victime de ne pas avoir réagi, on l’accuse de mensonge, d’avoir été consentante ou encore de s’être complu dans cette situation.

Psychothérapie

Sans une prise en charge adaptée, ces troubles psychotraumatiques peuvent durer des années, des dizaines d’années, voire toute une vie. L’objectif premier de la thérapie est d’informer la personne sur les mécanismes de l’emprise, l’aider à identifier les stratégies de son conjoint qui ont pour conséquence la dissociation. Apprendre que sa souffrance, ses troubles du comportements sont des conséquences des violences subies ; que ce sont des réactions normales face à une situation anormale ; que l’on est pas fou, débile, incapable, est déjà très libérateur en soit. Soudain on a les clés permettant de comprendre ce que l’on ressent, d’expliquer des comportements qui sont en fait des stratégies de survie. On peut éviter d’être piégé par certaines réminiscences de sa mémoire traumatique qui imposent une pseudo-réalité, on peut faire le tri entre ce que l’on est et ce qui nous colonise. Cette compréhension permet de renouer avec son estime de soi, son sentiment de dignité, d’unité, de cohérence et de sécurité intérieure, d’être moins vulnérables et de ne plus se sentir coupables.

La thérapie permet également de démonter le système agresseur en révélant l’intentionnalité à l’œuvre, les incohérences, en identifiant les stratégies de l’agresseur. On va ainsi donner à la victime les outils pour déjouer le pouvoir sidérant et dissociant de son agresseur, pour mieux se défendre, dénoncer les violences, ne plus être manipulée, ne plus être sous emprise

Enfin, il faudra aider la victime à intégrer la mémoire traumatique en mémoire autobiographique car c’est le seul moyen de s’en libérer. Cette étape permettra de ne plus vivre hanté par ses souvenirs comme s’ils appartenaient encore au présent et ainsi tourner une page sur les événements du passé en les rangeant du côté des mauvais souvenirs.

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