La protection de l’enfant

La prévention se situe à deux niveaux, du côté des agresseurs et du côté des victimes. Mettre en garde son enfant contre les dangers de la pédophilie c’est tout d’abord lever le voile sur cette pratique, arrêter de penser le pédophile comme l’inconnu qui va enlever un enfant à la sortie de l’école. La très grande majorité des abus sexuels sont le fait d’un membre de l’entourage, il est donc primordial de rester alerte aux adultes qui entourent l’enfant.

Quelque soit la provenance du danger, l’important est que l’enfant ait appris d’une part à se sentir propriétaire de son corps et d’autre part à savoir imposer son non. Souvent, les enfants abusés sont des enfants dont le non n’a pas été entendu ni respecté, donc pour qui il n’a pas de valeur. Ils se sentent comme des êtres soumis aux injonctions de l’adulte. L’absence de respect du non de l’enfant n’est pas la prérogative du parent abusif. Nous le faisons tous à différents niveaux, par exemple lorsqu’un enfant n’a pas envie d’embrasser une personne ou n’a pas envie d’aller chez une autre et qu’on lui force un peu la main. En décidant pour lui des contacts qu’il doit avoir avec autrui on lui ôte toute confiance en son propre jugement. De plus, un enfant qui n’est pas entendu est un enfant à qui on supprime la possibilité de demander de l’aide. Dans l’esprit de l’enfant, tous les adultes incarnant l’autorité parentale, ils est facile de se constituer en tant qu’être tout puissant à ses yeux. Ainsi, ces éléments, associés à une personne personne malveillante font le lit des abus.

Les enfants surprotégés, sources d’inquiétude excessive de la part des parents, sont eux aussi vulnérables. En effet, sujets à une sollicitation sexuelle, ils vont tout de suite être débordés par l’angoisse et donc perdre tous leurs moyens. De même, les enfants à qui l’interdit de l’inceste n’a pas été clairement énoncé vont être des proies faciles pour les agresseurs car ils ne vont pas savoir distinguer amour et sexualité ainsi que sexualité des adultes et sexualité des enfants.

Lorsqu’il se sent en danger l’enfant donne toujours des indices, de même qu’il va tenter de raconter au mieux sa souffrance lorsqu’il est abusé. C’est aux adultes de savoir l’écouter, d’être sensible à sa parole mais aussi aux autres modes d’expression comme le jeu, le dessin, le corps… L’affabulation est extrêmement rare chez les jeunes enfants, ils savent qu’en mentant, ils s’attireraient plus d’ennuis que de soutien. Quand ils mentent, c’est souvent dans le cadre d’un conflit de loyauté, l’enfant est manipulé par l’adulte qui lui suggère ses propos. Pour cette raison, il faut toujours porter une grande attention à la première révélation qui est généralement la bonne.

Signes d’un abus chez l’enfant

Lorsqu’un enfant est ou a été abusé son comportement va changer, on observe une rupture avec sa façon habituelle de fonctionner. Comme il n’est pas toujours capable de dire ce qu’il vit ou a vécu, il va tenter de l’exprimer autrement. Il peut devenir triste, instable, s’isoler, refuser d’être seul avec certains adultes, présenter des troubles du sommeil, de l’alimentation, ou des difficultés scolaires. Chez certains on peut noter une masturbation compulsive, des comportements sexuels exagérés, des dessins explicitement sexuels voire un brusque intérêt pour les parties génitales des adultes. D’autres vont développer une phobie soudaine de certains lieux, des plaintes somatiques ou encore présenter une perte d’intérêt pour les activités et loisirs habituels. Chez les adolescents la souffrance peut s’exprimer au travers de tentatives de suicide, fugues, scarifications, consommation de substances etc.

Si vous avez été victime d'actes pédophiles ou si vous soupçonnez un abus sur un enfant de votre connaissance et que vous souhaitez en parler à un professionnel, vous pouvez me contacter, j'exerce en tant que psychologue dans le 10ème arrondissement de Paris

2 réflexions au sujet de « La protection de l’enfant »

  1. Bonjour,

    Vous parlez de pédophilie, du droit des enfants « à dire non ». Personnellement, j’étais un garçon attiré, non pas par les individus de ma classe d’âge, mais uniquement par les adultes, hommes d’abord, et essentiellement femmes ensuite. Cette attirance a disparu… quand j’ai fini par avoir l’âge de mes partenaires de rêve 🙂

    Je n’avais pas du tout envie « de dire non », mais plutôt de dire « oui ! », et de demander…

    J’ai l’impression d’être « normal » aujourd’hui (Aïe, ne jamais dire ça à un psy !), mais j’étais quoi, à l’époque ? Un monstre ?

    1. Bonjour,

      Merci de votre témoignage, vous êtes la preuve qu’en matière de psychologie humaine il n’y a pas de vérité absolue. Nous faisons des généralisations pour exposer la situation « du plus grand nombre », car il serait en effet difficile de traiter la singularité de chaque histoire au sein d’un article. Mais vous avez raison de soulever l’importance de lutter contre les jugements hâtifs et la nécessité d’avoir un regard le plus nuancé possible sur les comportements humains.

      Quant à votre expérience, vous n’êtes pas le seul dans ce cas. J’ai rencontré des personnes, qui à l’adolescence, avaient eu des relations avec des adultes, et n’avaient aucunement été traumatisées par ces événements. Seulement, comprenez que l’on ne peut pas faire de la prévention en diffusant ce genre de message, cela pourrait être mal interprété par certains adultes dont les intentions ne sont pas les meilleures…

      Je maintiens que, dans le doute d’un potentiel traumatisme ultérieur, l’adulte doit absolument dire non à l’enfant ou l’adolescent séducteur, quitte à susciter chez lui un sentiment de frustration. Souvent, seul le fantasme suffit à l’enfant, le passage à l’acte venant briser les règles, perturber les limites internes et externes. Cela engendre dans la très grande majorité des cas des conflits psychiques importants. Ces conflits peuvent être refoulés durant de nombreuses années et ressortir soudainement à l’âge adulte sous forme d’Etat de stress post-traumatique, ou sous forme masquée comme on peut le voir par exemple dans les dépressions chroniques, les addictions etc.

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