Le Trouble Obsessionnel-Compulsif

Le trouble obsessionnel compulsif, plus communément appelé TOC, est une maladie psychiatrique chronique dont les deux principaux symptômes sont les obsessions et les compulsions.

Les obsessions se définissent comme une crainte lancinante de provoquer un dommage, un préjudice ou un malheur si la personne n’y prend pas garde . On peut résumer l’ensemble des obsessions à 4 thèmes principaux :
♦ les obsessions de souillure
♦ les obsessions d’erreur et de désordre
♦ les obsessions de malheur
♦ les obsessions agressives

Les compulsions ou rituels se définissent comme un acte stéréotypé que la personne ne peut s’empêcher d’exécuter. Ce rituel peut s’effectuer physiquement (mouvements) ou mentalement (pensée magique). Ils visent à protéger du danger représenté dans l’obsession. Parmi les rituels les plus fréquents on retrouve :
♦ le lavage
♦ les vérifications, rituels de rangement et de symétrie
♦ les rituels externes (compulsion de répétition de gestes) comme se lever et s’asseoir de façon répétitive, toucher plusieurs fois l’interrupteur
♦ les rituels internes mentaux comme le fait de dire de petites phrases, faire des prières ou de compter mentalement

La majorité des personnes présentent plusieurs types d’obsessions et de compulsions qui varient au fil de l’évolution de ma maladie.

Outre les obsessions et les compulsions, les personnes souffrant d’un TOC présentent une anxiété lancinante, longue, pénible, calmée légèrement et provisoirement par le rituel. Aussi, pour lutter contre leur maladie, elles disposent d’un autre moyen que la compulsion : l’évitement des situations génératrices d’obsessions (évitement des endroits, des personnes, certaines situations, demander à quelqu’un de faire à sa place…)

Une question légitime que se posent les personnes présentant un TOC concerne la cause de la maladie. On ne connaît malheureusement pas la cause de la maladie, ce que l’on sait néanmoins est que le TOC est à la fois une maladie biologique (dysfonction neurophysiologique) et une maladie liée à l’environnement et les apprentissages. Il n’est en outre pas ou peu lié à des facteurs éducatifs et culturels, les facteurs de stress l’aggravent sans en être la cause et il est partiellement héritable génétiquement. Le trouble guérit rarement spontanément, on peut pourtant observer des phases d’amélioration mais aussi une aggravation des symptômes à l’occasion d’un événement particulièrement stressant. Cependant, le fait de ne pas connaître la cause n’empêche pas le thérapeute de soigner/améliorer la maladie.

La thérapie cognitivo-comportementale

Elle va agir non pas sur la cause de la maladie mais sur les facteurs qui maintiennent le trouble. En effet, les rituels et les évitements, en apaisant l’anxiété, vont participer à maintenir la présence des obsessions voire généraliser les situations source d’anxiété. La personne aura ce type de raisonnement : « je crains qu’il arrive quelque chose de grave par ma faute, s’il n’arrive rien c’est grâce à mes rituels et évitements, donc cette crainte est légitime. D’ailleurs si cela fonctionne si bien il n’y a pas de raison que je limite cette technique à qu’un domaine, je pourrais aussi l’appliquer à d’autres situations qui me font peur ».

De cette façon, une personne qui craint de se faire cambrioler et effectue des rituels de vérification lorsqu’elle ferme la porte va finir par vérifier le gaz de peur que la maison brûle, les robinets de peur qu’il y ait une inondation etc. Une personne qui craignait de rater ses examens et se répète mentalement une phrase pour se porter chance va finir pas répéter des phrases pour toute situation appréhendée : ne pas finir au chômage, ne pas tomber malade etc. Au final c’est tout le fonctionnement au quotidien qui va se trouver entravé.

Ainsi, la thérapie va consister en :

remettre en question les pensées irrationnelles : exagération du danger, de la responsabilité de la personne et des stratégies pour le contrôler. La pensée n’a pas le pouvoir que l’on lui donne (ce n’est pas parce que j’y pense que cela va se produire/ avoir un effet).

S’habituer à l’anxiété provoquée par les obsessions en s’exposant à des situations sans faire de rituels. Il s’agit de voir que l’anxiété perd progressivement de sa fréquence, de son intensité et de sa charge anxieuse. C’est une façon de se rendre compte qu’il ne se passe rien quand on ne ritualise pas, la catastrophe appréhendée n’a pas eu lieu donc que les rituels n’ont pas l’effet qu’on leur donne.

Si vous avez un TOC  et que vous souhaitez en parler à un professionnel, vous pouvez me contacter, j'exerce en tant que psychologue dans le 10ème arrondissement de Paris