Repères & démarche

Questions fréquentes

Entreprendre une psychothérapie suscite souvent des interrogations, qu’il s’agisse du déroulement des premières séances, du cadre de travail ou de la méthode analytique. Vous trouverez ici des éléments de réponse pour aborder cette démarche plus sereinement.

Je n'ai jamais consulté. Par où commencer ?

Il n'y a rien de particulier à préparer. Certaines personnes arrivent avec une question précise, d'autres avec le sentiment diffus que quelque chose ne va plus.

Le premier entretien permet de mettre des mots sur ce qui vous amène et de voir si ma manière de travailler vous convient.

J'ai peur de ne pas savoir quoi dire.

Il n'existe pas de bonne manière de parler en thérapie. Vous n'avez pas besoin de raconter votre vie dans l'ordre ni de trouver les « bons mots ».

Les silences, les hésitations et les difficultés à parler font aussi partie du travail. Je serai là pour vous aider à reprendre le fil lorsque cela sera nécessaire.

Ma souffrance est-elle suffisamment importante pour consulter ?

Il n'existe pas de seuil à partir duquel une souffrance deviendrait légitime. On peut avoir une vie apparemment ordinaire et pourtant un monde intérieur très riche, traversé de conflits, de désirs, de peurs ou de répétitions qui font souffrir. Il n'est pas nécessaire d'avoir vécu des événements extraordinaires pour que son histoire mérite d'être entendue.

Je m'intéresse à toutes les histoires, quelles qu'elles soient, et moins à ce qui est visible de l'extérieur qu'à la manière singulière dont chacun vit les choses. Je porte aussi une attention particulière aux détails, car ce sont souvent eux qui nous renseignent le mieux sur ce que nous ressentons, ce que nous désirons et sur la personne que nous sommes.

J'ai déjà essayé une thérapie qui n'a rien donné. Pourquoi serait-ce différent ?

Une thérapie dépend beaucoup de la rencontre avec le thérapeute, mais aussi du moment où l'on consulte. Il est important de trouver une personne avec laquelle on se sente suffisamment en confiance pour parler librement. Il arrive également qu'à certaines périodes de la vie, on ait besoin d'une autre approche ou d'une manière différente d'être accompagné.

Une première thérapie peut avoir aidé à traverser une période difficile sans permettre d'aborder des questions plus profondes. Parfois aussi, la rencontre avec le thérapeute n'a simplement pas été suffisamment porteuse pour que le travail puisse se déployer.
Il arrive enfin qu'une thérapie ait produit des effets sans qu'ils soient immédiatement visibles. Elle peut avoir soulevé des questions, mis en lumière certaines répétitions ou amorcé une réflexion qui prendra sens plus tard, dans un autre travail ou à un autre moment de la vie.

Une expérience thérapeutique décevante ou inaboutie n'est donc pas nécessairement inutile. Elle peut faire partie d'un cheminement plus long et nous apprendre ce dont nous avons besoin, ce qui ne nous convient pas, ou la manière dont nous souhaitons être accompagnés.

Comment choisir son psychologue et savoir si la rencontre convient ?

La formation et l'expérience sont importantes, mais la qualité de la rencontre l'est tout autant. Vous devez pouvoir vous sentir écouté et suffisamment en confiance pour parler à votre rythme.

Les premières séances permettent de vérifier si la manière de travailler du thérapeute correspond à votre demande. Il est tout à fait légitime de rencontrer plusieurs thérapeutes avant de faire son choix.

Allez-vous me dire quoi faire ?

Mon rôle n'est pas de décider à votre place de ce que vous devriez faire. Je peux en revanche vous aider à comprendre ce qui oriente certains de vos choix, pourquoi certaines situations se répètent ou pourquoi une décision paraît impossible à prendre.

Lorsque cela est utile, je peux aussi proposer des pistes concrètes. Mais l'objectif reste que vous puissiez progressivement vous approprier vos décisions, plutôt que de vous conformer à celles d'un autre.

Combien de temps dure une thérapie ?

Il n'existe pas de durée normale. Certaines personnes consultent quelques mois pour traverser une période difficile, d'autres souhaitent engager un travail plus approfondi.

La durée ne se fixe pas nécessairement à l'avance. Elle se construit progressivement, selon votre demande et l'évolution du travail.

À quelle fréquence faut-il venir ?

Une séance par semaine constitue généralement un bon rythme pour installer une continuité dans le travail.

Selon les situations, une autre fréquence peut être envisagée : tous les quinze jours ou, au contraire, plusieurs fois par semaine lorsqu'un travail plus soutenu est souhaité.

Puis-je arrêter quand je le souhaite ?

Oui. Vous restez libre d'interrompre la thérapie à tout moment.

Il est cependant souvent utile de parler de cette envie avant de mettre fin au suivi. Elle peut signifier que le travail arrive à son terme, mais aussi qu'une question difficile commence à émerger. Dans tous les cas, la décision vous appartient.

Ce que je dis reste-t-il confidentiel ?

Oui. Ce qui est évoqué en séance demeure confidentiel, dans le respect du cadre légal et déontologique de la profession.

Cette confidentialité est essentielle pour pouvoir parler librement, sans craindre que ses paroles soient rapportées à des proches, à un employeur ou à une autre personne.

Comment savoir si la thérapie avance ?

Les changements prennent rarement la forme d'une révélation soudaine. Le plus souvent, ils apparaissent progressivement dans la vie quotidienne : une situation devient plus supportable, une réaction se modifie, une décision paraît plus facile à prendre, ou l'on se sent davantage autorisé à dire non, à exprimer ses besoins et à faire des choix qui nous ressemblent.

Parfois, un symptôme disparaît. D'autres fois, il perd simplement de son emprise parce qu'il n'occupe plus la même fonction dans notre vie. Avancer ne signifie pas nécessairement devenir quelqu'un d'autre, mais retrouver une plus grande liberté face à ce qui se répétait malgré soi.

Ce travail demande aussi de la patience. Nous avons mis des années à nous construire d'une certaine manière ; il n'est donc pas surprenant qu'il faille parfois plusieurs mois, voire plusieurs années, pour transformer ce qui s'est profondément installé en nous.

Notre époque nous habitue à attendre des réponses rapides et des résultats immédiats : nous désirons quelque chose et pouvons parfois l'obtenir dès le lendemain. Le psychisme n'obéit pas à cette temporalité. Il est complexe, fait de contradictions, d'attachements et de défenses qui ne peuvent pas toujours être défaits en quelques séances. Cette complexité peut rendre le changement plus lent, mais elle fait aussi la richesse et la singularité de chaque personne.

Pourquoi parler pourrait-il soulager ?

Parler permet d'abord de donner du sens à ce que l'on vit. Une souffrance peut être éprouvée de manière très brute, dans le corps ou dans les émotions, sans que l'on comprenne réellement ce qui nous arrive. Mettre des mots permet de lui donner une forme, de relier les expériences entre elles et de prendre un peu de distance.

Le langage ne fait pas disparaître nos pulsions ni nos émotions, mais il nous permet de ne pas seulement les subir ou agir sous leur emprise. Ce que nous parvenons à nommer peut progressivement devenir pensable.

Enfin, le simple fait d'être véritablement écouté peut déjà apporter un soulagement. Adresser sa souffrance à quelqu'un qui l'accueille sans jugement permet de ne plus la porter seul et, parfois, de l'entendre soi-même autrement.

Pourquoi est-ce que je répète toujours les mêmes situations ?

Certaines personnes ont le sentiment de rencontrer toujours le même type de partenaire, de revivre les mêmes conflits ou de se retrouver régulièrement dans des situations où elles souffrent de façon similaire.

Freud a appelé compulsion de répétition cette tendance à revenir vers une expérience douloureuse qui n'a pas pu être comprise ou élaborée au moment où elle s'est produite. Comme si nous nous confrontions encore et encore à la même énigme, dans l'espoir d'en percer enfin le sens ou de lui donner une autre issue.

Dans Virgin Suicides, Lux est abandonnée par Trip après leur première relation sexuelle. Plus tard, elle se donne à voir sur le toit de sa maison avec différents garçons. On peut faire l'hypothèse que ces rencontres répètent quelque chose de cette première scène d'abandon : elle revient vers une expérience qui l'a blessée, comme si sa répétition pouvait lui permettre d'en reprendre la maîtrise ou d'en modifier la fin. Voir l'analyse de Virgin Suicides ci-dessus.

Le travail thérapeutique consiste à comprendre ce qui se rejoue ainsi, afin que la répétition cesse de s'imposer comme une fatalité et qu'une autre manière de choisir devienne possible.

Pourquoi revenir sur l'enfance si mon problème est actuel ?

Notre histoire commence avant même notre naissance. Des mots, des attentes, des inquiétudes ou des désirs existent déjà autour de nous. La manière dont notre arrivée a été imaginée puis vécue par nos parents, la place qui nous a été donnée dans la famille, ainsi que le contexte social, culturel et économique dans lequel nous naissons participent à la construction de notre histoire.

Les premiers mois et les premières années sont ensuite essentiels : c'est à partir de ces expériences que se construit progressivement le regard que nous portons sur le monde et sur nous-mêmes. Nous y découvrons l'amour, la sécurité, la séparation, les limites, le désir et la place que nous pensons pouvoir occuper.

Ces expériences continuent souvent d'influencer, à notre insu, nos choix, nos relations et notre manière de réagir aujourd'hui. Lorsqu'on cherche une transformation profonde, explorer ce passé me paraît donc essentiel.

Mais revenir sur le passé n'a de sens que si cela permet de construire autrement le présent et l'avenir. Il ne s'agit pas d'y rester enfermé. Certaines séances sont davantage tournées vers ce qui se passe aujourd'hui, d'autres vers l'histoire passée. C'est dans l'ensemble du processus, et non dans chaque séance prise isolément, que les liens apparaissent progressivement.

Nous ne sommes pas responsables de ce qui nous est arrivé dans l'enfance, mais nous pouvons apprendre à en faire quelque chose à l'âge adulte, afin d'en être moins prisonniers et de vivre plus librement.

Faut-il savoir ce qu'est la psychanalyse pour que ce travail fonctionne ?

Il n'est pas nécessaire de connaître les concepts psychanalytiques ni de savoir interpréter ses rêves ou ses lapsus. Il suffit d'accepter l'idée que nous ne sommes pas totalement transparents à nous-mêmes et que notre manière de parler, nos émotions, nos hésitations ou certaines répétitions peuvent nous apprendre quelque chose.

La psychanalyse n'est pas une croyance à laquelle il faudrait adhérer, mais une méthode d'écoute dont chacun peut éprouver les effets au cours du travail. L'inconscient se découvre moins dans les livres que dans l'expérience : lorsqu'un mot nous échappe, qu'un rapprochement inattendu apparaît ou que nous entendons soudain autrement une phrase que nous venons de prononcer.

Il n'est donc pas nécessaire d'arriver avec un savoir particulier. Ce travail demande surtout de la patience, de la curiosité et une certaine disponibilité à ce qui peut surgir de son monde intérieur.

Pourquoi certains psychologues font-ils payer les séances manquées ?

De manière générale, les psychologues peuvent demander le règlement d'une séance annulée au dernier moment, parce que ce temps avait été réservé au patient et ne peut plus être proposé à quelqu'un d'autre.

En psychanalyse, cette règle peut cependant avoir un sens plus profond : elle devient un élément du travail thérapeutique à part entière. 

Devoir payer une séance à laquelle on n'a pas assisté peut susciter de la colère ou un sentiment d'injustice. Ces réactions peuvent alors être accueillies et parlées en séance. Beaucoup de personnes éprouvent en effet des difficultés à s'autoriser à être en colère, tant les règles de bienséance, la peur de déplaire ou le besoin de rester « raisonnable » prennent le dessus.

Cette règle oblige aussi à sortir de la logique habituelle selon laquelle on ne paie que pour une prestation effectivement consommée. La thérapie analytique n'est pas envisagée comme un simple service mais comme un cadre dans lequel se mettent en jeu nos limites, nos manques et nos résistances. Régler une séance manquée peut ainsi être une manière de rester engagé dans le travail, même à travers son absence, et de s'interroger sur ce qui s'est joué dans le fait de ne pas venir.

Dans tous les cas, ce qui nous bouscule, lorsqu'il peut être pensé et mis en mots, peut alors devenir une occasion d'avancer.