Affiche de Good Will Hunting

La psychanalyse à travers le cinéma

L’intellectualisation comme résistance Good Will Hunting


Will est un jeune homme d'une intelligence exceptionnelle, profondément marqué par les violences qu'il a subies dans son enfance. Cette intelligence, qui pourrait être une ressource, est aussi devenue une défense : il analyse, anticipe, comprend très vite les autres, et utilise ce savoir pour garder une longueur d'avance sur eux. Dès que quelqu'un s'approche trop, il trouve le point faible, provoque la rupture ou prend la fuite avant de pouvoir être atteint.

Avec Sean, cette stratégie fonctionne moins bien. À la fin du film, le thérapeute lui répète une phrase très simple : « Ce n'est pas ta faute. » Will répond d'abord avec détachement — il le sait déjà, il n'a aucune difficulté à le comprendre intellectuellement. Mais Sean ne cherche pas à lui apprendre quelque chose qu'il ignore : il répète la phrase jusqu'à ce que Will ne puisse plus y répondre par le savoir.

Peu à peu, son assurance s'effondre, et il éclate en sanglots. Ce savoir qu'il possédait sans qu'il change quoi que ce soit à ce qu'il ressentait avait jusque-là servi de rempart : comprendre plutôt que ressentir, expliquer plutôt qu'éprouver.
On retrouve souvent cet écart en thérapie. Une personne peut dire : « Je sais que je ne devrais pas culpabiliser, mais je culpabilise quand même », ou « Je sais que cette relation me fait souffrir, mais je n'arrive pas à la quitter. »

Le travail thérapeutique ne consiste donc pas seulement à fournir de bonnes explications, mais à permettre qu'une vérité déjà connue cesse d'être seulement intellectuelle pour pouvoir enfin être éprouvée. Dans Good Will Hunting, Sean ne transmet pas à Will un nouveau savoir : il l’aide à ne plus utiliser le savoir comme un moyen de se protéger de ce qu’il ressent.