Affiche de Mon Roi

La psychanalyse à travers le cinéma

Le corps Mon Roi


Dans Mon Roi, Tony n’arrive pas à sortir d’une relation dont elle souffre. Son accident de ski et la longue rééducation qui s’en suit viennent interrompre cette spirale infernale.

Au cours du film, sa kinésithérapeute s'amuse à entendre, dans le mot « genou », les mots « je » et « nous ». Ce jeu de mots illustre bien le travail d'association propre à la psychanalyse : un mot peut parfois ouvrir une nouvelle manière de penser une situation. Et si quelque chose s'était brisé à la fois du côté du « je » — Tony en tant que sujet — et du « nous » — sa confiance dans le lien à l'autre ?

L'immobilisation imposée par son corps crée un espace où Tony peut enfin regarder ce qu'elle ne voyait plus. Le film montre qu'elle répète avec Georgio un même cycle : après les mensonges, les absences et les humiliations, elle tente de s'éloigner, puis se laisse de nouveau séduire par ses retours et ses promesses, dans l'espoir de retrouver l'homme qu'elle avait aimé au début de leur histoire.

Chaque réconciliation relance ainsi la relation sans en modifier profondément le fonctionnement. On peut entendre l'accident comme une interruption brutale de cette répétition : son corps l'arrête là où elle ne parvenait plus elle-même à s'arrêter.